Faut-il tuer les GAFA (M-NATU)?

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La question de l’ouverture des données publiques relève d’un mouvement volontariste global d’amélioration du modèle urbain par la technologie. Celui-ci repose notamment sur l’utilisation de données personnelles, lesquelles sont majoritairement entre les mains des géants du web regroupés sous l’expression désormais consacrée de GAFA.

La fuite des données chez Uber, le bug de Google, le modèle social d’Amazon, l’évasion fiscale favorisée par AirBnB, la faille dans la mise à jour d’OS x, l’influence politique de Facebook ou encore le contrôle potentiel a posteriori et à distance de Tesla sur les voitures qu’il vend contribuent à la prise de conscience, par le grand public, du pouvoir des grands groupes de la Silicon Valley.

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Assiste-t-on, aujourd’hui à une prise de conscience citoyenne et politique de l’importance à protéger les données personnelles et à défendre un modèle soucieux de s’affranchir de la prééminence de ces plateformes ?

Paradise paper et repentis

Depuis quelques mois les scandales concernant les grands groupes technologiques, que l’on a pris l’habitude de réunir sous l’expression de GAFA(M-NATU), se succèdent. Les récent Paradise papers, dernier exemple d’évasion fiscale à grande échelle, a une fois de plus éclaboussé ces géants du web. En effet, il est apparu que ces derniers localisent juridiquement la source de leur revenu sur un territoire à la fiscalité avantageuse. Cette optimisation participe des bénéfices de ces entreprises et contribue de ce fait à leur avance technologique.

La nouveauté de la contestation réside peut-être moins dans les discours sur les GAFA que sur ceux qui les prononcent. Ainsi, aux critiques portées par des militants comme Jérémie Zimmermann et Benjamin Bayart (La Quadrature du Net), Olivier ErtzcheidEvgeny Morozov, Andy Müller-Maguhn, Jacob Appelbaum, Aaron Swartz, Dominique CardonLawrence Lessig ou Tristan Nitot se joignent désormais les voix de ceux qui ont bâti ces empires… et qui le regrettent.

Justin Rosenstein, créateur du « like » de Facebook, s’attache désormais à se sevrer des réseaux sociaux tout en dénonçant les « effets psychologiques » des médias jouant sur l’économie de l’attention. Tristan Harris, ex-ingénieur de Google, est quant à lui devenu un gourou de la detox digitale et s’attaque aux « technologies addictives ». Certains esprits chagrins pourraient voir dans ces nouvelles figures des opportunistes. Il apparaît en effet, que les deux personnes suscitées ont respectivement lancé une start-up et une ONG… Honni soit qui mal y pense

Sincères ou non, ces discours critiques s’avèrent être de plus en plus audibles. L’hégémonie des GAFA semble être remise en question.

Doit-on tuer Google… 

On a pu le voir avec le lamentable incendie criminel du FabLab Grenoblois « La Casemate », et le communiqué publié (sur un site internet d’ailleurs), les GAFA – « Pourtant se sont Google, Amazon, Facebook, Apple, qui programment la toile et s’y enrichissent. » [sic] – peuvent aussi être utilisés comme l’incarnation d’un rejet total (et excessif) des travers du progrès technologique et de la société numérique. Aussi semble-t-il utile de ne pas s’égarer dans une condamnation globale d’un web perçu comme corrompu par les GAFA et irrécupérable, mais plutôt de chercher à reprendre le pouvoir aux géants de la Silicon Valley.

… ou lui reprendre le pouvoir ?

Comme l’expliquait Edward Snowden dans une interview au Spiegel :

A company should never be deputized to do the work of a government. They have entirely different goals, and when you start crossing those lines that creates unintended consequences at unforeseen costs. Of course, companies can assist the government in terrorism investigations. But to see company records for example, they should have to convince a judge. I think this is where it gets quite dangerous, when we say: Google, you are the sheriff of the internet now. You decide what the law is.

Le problème réside donc dans le pouvoir que nous donnons aux GAFA davantage que dans le pouvoir qu’ils possèdent réellement. S’il apparaît – comme le prouvent les récentes nominations d’ambassadeur au numérique au Danemark ou en France – que les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer dans la régulation des plateformes (mais également dans leur sanction), il appartient aussi aux citoyens de prendre leur part de responsabilité.

Comme l’explique le président de l’Arcep, Sébastien Soriano il s’agit moins d’agir sur les symptômes de la domination des GAFA que sur leurs causes :

Il faut déterminer quels sont les leviers de régulation à mettre en place pour rouvrir le jeu, faire émerger des alternatives aux Gafam respectueuses des droits humains et des valeurs qui sont les nôtres.

Ces alternatives, tel que le logiciel libre, les FAI associatifs ou encore la défense des communs, sont d’ores et déjà portées par des associations comme April, la Fédération FDN, Framasoft et son projet Contributopia ou encore Savoirs Com1.

Une réflexion au sujet de « Faut-il tuer les GAFA (M-NATU)? »

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