Quand la techno part à l’assaut de la démocratie. Partie 1 : la Fintech

Il est communément admis que nos démocraties occidentales s’inspirent pour une part du modèle politique athénien et pour une autre du droit romain. Nous pouvons également convenir que l’apparition des technologies de l’information et de la communication a contribué à produire des changements fondamentaux de paradigmes productifs et sociaux.

Comme l’explique Jeremy Rifkin, si la convergence de la presse et de la machine à vapeur puis de l’électricité, la téléphonie et du moteur à combustion interne ont permis la première puis la deuxième révolution industrielle, la convergence des technologies de la communication, comme Internet, et des énergies renouvelables semble en faire émerger une troisième.

Or, de la même manière que les associations successives d’un mode de production énergétique et d’une technologie ont entraîné l’inscription progressive du monde moderne au sein de l’économie de marché, il apparaît que les sources, antiques ou plus récentes, de nos sociétés se voient interrogées par la fameuse « disruption » numérique.

On voit alors fleurir les termes contractés de Fintech, de Legaltech ou de Civictech : petit tour d’horizon.

De la Fintech à la Regtech 

Commençons à rebours et penchons nous sur l’introduction de la technologie au sein du monde de la finance. L’expression Fintech désigne l’industrie financière et, par extension, les entreprises « innovantes » qui proposent des services financiers.

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La Fintech sonne-t-elle le glas de la finance de papa?

On distingue :

  • Les Fintech BtoC (business-to-consumer) qui s’adressent au grand public. C’est le cas des « néobanques », des cagnottes en ligne ou encore des outils de gestion des finances personnelles.
  • Les Fintech BtoB (business-to-business) qui s’adressent aux entreprises.
  • Les Fintech BtoBtoC (business-to-business-to-consumer) comme les plateformes de crowdfunding.

Les Fintech sont généralement des start-ups qui cherchent à capter les parts de marchés des banques ou des grandes entreprises technologiquement en retard. Néanmoins, ces start-ups jouent plus souvent le rôle de facilitateur et concurrencent moins les établissements financiers qu’elles ne les forcent à innover. Aussi, il est assez fréquent de voir les banques investir le domaine (on pense à Proximea de la Banque Populaire ou au projet Innov&Connect de la BNP Paribas).

Si l’enquête de EY pour le Trésor de sa Majesté a mis en évidence l’importance des Fintech au sein des places financières anglo-saxonnes et asiatiques, la croissance du secteur au sein du marché hexagonal est plutôt bonne. Après une baisse en 2016, la Fintech semble de nouveau attirer les investissements. Ils devraient atteindre les 8 milliards de dollars en 2018.

Fintech
WSJ dataviz

 

Au sein des Fintech on peut également signaler les Insurtech, soit les entreprises qui s’attachent à innover dans le domaine de l’assurance (pensez aux comparateurs) et les Regtech.

Ces dernières proposent des solutions technologiques pour répondre à l’inflation réglementaire qui fait suite à la crise des subprimes, à l’accroissement du rythme de remise des reportings réglementaire et à la mise à jour constante des dispositifs relatifs. Il s’agit également de garantir la cohérence des données remises aux régulateurs mais également aux nouveaux besoins des nouveaux établissements que sont les Fintech. La boucle est bouclée.

Les Regtech, plus encore que les Fintech, investissent massivement le Big Data. Leurs business model s’appuie bien souvent sur une connaissance fine des données bancaires, financières voire personnelles. Ce qui n’est pas sans poser la question de la confiance, de la confidentialité et de la souveraineté des données – a fortiori si ces entreprises proposent des services en SaaS (software as a service) qui impliquent une gestion dématérialisée de celles-ci (cloud computing) – comme le relève l’autorité britannique Financial Conduct Authority (FCA) au sein de son appel à contribution pour soutenir le développement et l’adoption des Regtech par les acteurs financiers.

Il semble dès lors appartenir au régulateur de développer des outils de surveillance, de détection et d’intervention pour éviter tout dérapage de la part de ces nouveaux acteurs mais également à ces derniers de savoir intégrer, au sein de leurs pratiques, une certaine éthique professionnelle.

La semaine prochaine nous découvrirons les Legaltech.

 

 

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