La transformation numérique des institutions publiques : nouvelles exigences d’accès. Intervention à l’ABF.

Transcription de l’intervention

Bonjour à toutes et à tous.

Je m’appelle Pierre-Marie Bonnaud et je suis élève conservateur territorial des bibliothèques.

Je vais vous parler de la question de la transformation numérique des institutions publiques et particulièrement de celles des nouvelles exigences citoyennes d’accès aux services.

Mais avant de commencer je vais poser un peu le contexte avec 4 chiffres tirés du baromètre CGI 2017 du secteur public :

79 % c’est le pourcentage d’acteurs interrogés qui souhaitent transformer leur institution en « organisation digitale ».

59 %, notre deuxième chiffre, des organisations, cette fois, estiment que le premier objectif à viser est l’amélioration de l’expérience du citoyen ce qui passe d’abord, pour 62 % des acteurs publics sondés, par le désilotage : un système plate-forme transversal et inclusif.

48 % et c’est notre quatrième et dernier chiffre, enfin des décideurs placent le Big Data et l’analytique au centre de leurs priorités informatiques.

On le voit, une véritable mutation est à l’œuvre dans les institutions publiques.

La transformation numérique c’est d’une part de nouvelles exigences d’accès au service public et d’autre part de nouvelles modalités de fonctionnement des institutions.

Aujourd’hui je vous parle des nouvelles d’exigences d’accès.

Les nouvelles exigences d’accès donc peuvent être résumées en trois exigences : la simplification, la transparence, la cocréation des services.

– La première des exigences d’accès est celle de la simplification.

Pourquoi ? Parce que les Français, nous en avons marre, de remplir des dizaines de formulaires pour une même information. Cette simplification c’est ce que cherche à faire la dématérialisation.

Sauf que cette dématérialisation, elle exclue des gens, 13 millions de personnes selon le dernier Baromètre du numérique.

Et évidemment, ce sont les gens qui sont déjà en situation de grande précarité ou d’exclusion sociale qui sont les plus touchés.

Comment faire ? Il faut que nous fassions passer la simplification par l’inclusion numérique, la médiation, la littératie numérique.

Les bibliothèques et les bibliothécaires sont en première ligne (tout comme les EPN) pour accompagner les citoyens.

– La deuxième exigence d’accès consiste à agir en transparence.

Pourquoi ? Parce que les Français ont le droit de savoir ce que font les gens qui travaillent pour eux.

Cette transparence c’est à la fois dialoguer et donner à voir son activité.

L’État, les collectivités, les administrations, les institutions doivent désormais se penser comme immergés dans la société et accepter d’être utilisés par les citoyens.

Comment faire ? D’une part, il faut communiquer sur son action tout azimut et d’autre part de s’inscrire au sein du mouvement d’ouverture des données publiques ou Open Data qui est aujourd’hui une obligation légale pour les collectivités de plus de 3500 habitants.

Le mouvement de l’open data c’est à la fois rendre plus transparente et plus fluide l’information et ainsi améliorer la confiance du citoyen en son administration.

Mais c’est aussi un moteur de l’implication citoyenne, du développement économique, écologique et social des territoires.

– La troisième et dernière exigence d’accès est la conséquence des deux premières : simplification et transparence. C’est la cocréation de nouveaux services.

Pourquoi ? Parce que les Français, s’il peuvent accéder plus facilement aux services, qu’ils reprennent confiance en leurs institutions, voudront participer à la vie publique.

Comment faire alors ? C’est à nous, bibliothécaires, animatrices et animateurs d’EPN, acteurs et actrices du service public, de constituer et d’animer des communautés.

La communauté devient alors un acteur de l’inclusion et de la dynamisation de l’institution. En organisant des hackathons ou d’autres occasions de rassemblement autour de pratiques et de connaissances, nous participons et contribuons au capitalisme cognitif et à l’intelligence collective.

En d’autres termes si vous voulez être créatifs et innover, invitez des gens et mettez en commun. Un service public doit être construit autour des besoins réels et donc avec les usagers.

Pour résumer les trois maitres mots sont … simplification, transparence, cocreation mais il ne s’agit là que des nouvelles exigences citoyennes d’accès au service.

Comme je l’ai signalé en début de présentation, la transformation numérique implique également une adaptation de l’organisation.

Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie à mon blog cdonnees.com ou j’aborde ce sujet de manière exhaustive.

J’aimerai terminer avec un texte que j’aime beaucoup, issu du rapport public annuel de la Cour des comptes, j’espère qu’il vous plaira.

Elle écrit, la modernisation de l’action publique « veut abaisser les frontières entre toutes les administrations publiques, par la circulation des données qu’elle déclenche et par la dynamique d’innovation ouverte qu’elle rend possible. Par ses principes d’architecture, elle tend à faire profiter l’économie et la société des investissements publics réalisés dans le champ du numérique ».

Merci de votre attention.

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